RETOUR A KILLYBEGS de Sorj Chalandon


Editeur :
Chronique rédigée par
Sorj Chalandon a couvert le conflit en Irlande du Nord en tant que reporter de guerre pour le journal Libération. Durant ces évènements, il a tissé des liens très forts avec la population et
quelques membres de l’IRA, Denis Donalson en tête dont il apprendra plus tard la double identité.
Habité par cette expérience douloureuse et traumatisante dont il ne s’est jamais vraiment remis, il a écrit Mon traitre en 2005, superbe roman dans lequel il livrait ses sentiments, ses
impressions, ses incompréhension, son désarroi d’homme trahi.
Retour à KIllybegs fait écho à ce livre mais en adoptant cette fois le point de vue du traitre. Sans rien excuser ni pardonner, l’auteur
essaie de comprendre ce qui a pu pousser Tyrone Mehane – double littéraire de Donalson, resté muet quant aux raisons de sa trahison – lui si exemplaire, si engagé, si sincère dans sa lutte, à
trahir les siens et sa patrie auxquels il tenait tant, pour rejoindre le camps ennemi.
Les hypothèses que construit Chalandon phrases après phrases sont si plausibles, si convaincantes que le lecteur a l’impression qu’elles correspondent à la réalité.
Au fil du livre, le lecteur sent vivre, vibrer, souffrir, mourir un homme, tantôt héros, tantôt salaud et à travers lui un pays, un peuple, une identité.
Retour à Killybegs fait partie de ces romans qui vous prennent et ne vous lâchent pas, dans lesquels on sent la tension monter d’un cran page après page même si la fin est connue d’avance pour peu que l’on s’intéresse à l’histoire de
l’Irlande et que l’on ait lu Mon traitre.
Un grand livre, bouleversant de justesse et de sincérité, remarquablement écrit, qui trouble, questionne et nous fait réfléchir à nos vies, nos engagements, nos choix, nos croyances, nos limites.
par Dominique
D’accord avec LM. un très beau roman, un personnage qui a beaucoup d’épaisseur ; c’est un combattant, un héros, un traitre mais c’est aussi et surtout un homme.
Dans « Mon traitre » le narrateur c’était l’auteur là c’est l’autre et  cette distance, cette licence romanesque plus grande lui a donné plus de liberté et  plus d’aisance.
Si l’écriture est un muscle Sorj Chalandon a beaucoup progressé depuis « Mon traitre », son écriture est  plus fluide, plus belle, plus sensible. Le talent c’est surement du travail.
par Kayenne
Quand j’ai lu « mon traitre » j’ai été soufflée mais là…un coup de poing au plexus doublé d’une magnifique écriture ; une intensité rare qui marque de façon indélébile .
Partager l’article !
 
RETOUR A KILLYBEGS de Sorj Chalandon:
Ed: Grasset        par LM de Troyes (ou d’ailleurs)

Sorj Chal …