DESOLATIONS de David Vann



Ed:Gallmeister        par Fanch

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Saluons au passage les éditions Gallmeister pour le travail remarquable qu’elle accomplissent depuis quelques années en nous faisant découvrir des auteurs majeurs de la littérature du
« Grand Dehors » américain.

Et saluons le talent immense de David Vann, dont « Sukkwan Island » fut une révélation, prix Médicis étranger 2010, inégalable pour sonder la profondeur des caractères et des sentiments
livrés à l’immensité de son Alaska natal.

 

« Désolations » est à coup sûr l’un des grands romans de cette rentrée littéraire. On y retrouve des personnages dont la vie « ratée » trouve son issue dans un face à face
familial, un conflit exacerbé par l’isolement au sein d’espaces somptueux dans l’hiver du Grand Nord, et l’on s’achemine inéluctablement vers un drame annoncé, au rythme d’une écriture superbe,
puissante, d’une quête désespérée de la vérité. La complexité des êtres se révèle dans un monde de solitude, de glace et de beauté qui subjugue.

Cela dit, les parallèles avec le scénario du premier roman sont multiples : le dialogue de deux êtres dont l’intimité est aussi faite de haine, la tension qui monte dans l’isolement d’une
cabane l’hiver sur une île, la tragédie finale… J’ai eu le sentiment de lire un prolongement de Sukkwan Island plus qu’un nouveau roman. La présence de deux histoires de couples, et d’autres
personnages secondaires donne sans doute un attrait supplémentaire au déroulement du drame sans en diminuer le moindrement l’intensité.

Et puis, un détail pour la majorité des lecteurs, mais un détail qui gêne le marin que je suis : la traduction des termes nautiques laisse hélas plus qu’à désirer….

Tout cela n’enlève rien à l’évidence : il faut lire ce grand roman.

 

Fanch