L’OEUVRE DES MERS de Eugène Nicole


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Il ne s’agit pas d’un livre (le premier tome, publié en 1988), ni de 2, ni même de 3 (republiés avec le 4ème tome en 1 volume en 2003) : il s’agit de l’œuvre d’une vie, l’auteur venant de sortir un 5ème tome, et l’éditeur de republier le tout en 1 seul épais, très épais volume.
Spécialiste reconnu de Proust, et nécessairement proustien lui-même, Eugène Nicole a travaillé et retravaillé à l’extrême cette autobiographie, dans un style très littéraire, ciselé, savant, précieux.
Trop ? « Dans tous les cas, il me fallait réviser ce que j’appelais parois ma definiens formula de l’Archipel par la négative, la définition apophatique comme on dit en théologie – celle que,
pressé de questions sur celui- ci, je condensais en traits de déviance, d’incompatibilités foncières, quasiment ontologiques… » (p 698). La forme n’est pas toujours évidente.
Quant au fond : « La vie ne serait-elle que le roman du souvenir ? » résume-t-il (p. 894)

Eh bien, si nombre de critiques tombent en pâmoison devant cette œuvre, la vérité m’oblige à dire que, moralement contraint d’aller au bout des 934 pages, pensum imposé par mon appartenance au jury du prix Gens de Mer, j’ai peiné dur devant tant de grisaille existentielle.
La nostalgie comme seul possible, la sédimentation des souvenirs comme seule perspective, avec répétition des mêmes scènes, des mêmes thèmes, des mêmes expressions, un ennui ressassé  – plus on avance dans le texte, plus on radote – avec des précisions d’entomologiste (les horaires des vols et les modèles des avions, la liste des morceaux, en tchèque, d’un disque…), des phrases
longues comme des jours sans pain.
Références constantes à des éphémérides et recherche conséquente des fausses coïncidences, retour sur des photos jaunies classées dans de vieilles enveloppes, tout semble fané, sépia, brumeux…même l’amour (surtout l’amour ?)
Heureux d’avoir refermé ce gros pavé, j’ai envie de me plonger dans un polar, un récit de voyage ou d’aventure, j’ai envie d’air frais…

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L’OEUVRE DES MERS de Eugène Nicole:
Ed: L’olivier               &nbsp …