LE VIRUS B de Christian Walter et Michel De Pracontal


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La crise a été l’occasion pour certains de mettre au pilori les mathématiques pour leur rôle néfaste dans la finance et l’économie. Mises en cause souvent hâtives et peu informées, tant il est plus tentant, en cas de crise, de désigner des boucs émissaires que d’envisager des remèdes…
Écrit par un spécialiste de mathématiques financières et un journaliste scientifique , ce court ouvrage (120 p) apporte une contribution utile au débat. Dans un premier temps il fournit des
explications claires sur le décor général (ce qu’est une subprime, une titraisation…) et l’historique du séisme. Puis il développe, en l’annonçant  explicitement, la thèse des auteurs. Ce qu’ils mettent en cause est non l’apport des mathématiques en la matière, mais l’usage généralisée par le monde de la finance d’un modèle probabiliste inadapté : le modèle « Brownien »  ( le B du titre). En cela, ils suivent le mathématicien, Benoît Mandelbrot (le père des « fractals ») qui, en précurseur dès les années 60, se livrait à cette mise en garde.
Ce modèle, selon les auteurs, minimise les risques, et s’avère donc incapable d’anticiper les crises. Ses praticiens seraient ainsi comme des météorologues ayant arrêtés leur échelle Beaufort à 6 et donc dans l’incapacité de prévoir une tempête. Lorsqu’elle survient, ils s’écrient que la nature est déréglée, mais ne remettent absolument pas en cause leur modèle.
Bref, un livre clair, argumenté et stimulant, même si l’on ne partage pas l’opinion des auteurs. Et, rassurez vous, il ne contient aucune formule mathématique !

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LE VIRUS B de Christian Walter et Michel De Pracontal:
Ed: Le
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