ELOGE DU CARBURATEUR de Matthew B Crawford


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Dans cet essai, Matthew B. Crawford retrace et met en perspective son parcours et sa  reconversion professionnelle réussie. Après de brillantes études universitaires, il est embauché (moins facilement qu’escompté d’ailleurs) à des postes de bureau considérés comme « nobles » et « intellectuels ». Supportant mal ces emplois, où il se sent inutile, « abruti » et conditionné par la culture
d’entreprise, il décide de tout plaquer et de changer radicalement de voie, en ouvrant un atelier de réparation de motos.
Tout au long du livre, l’auteur milite avec conviction pour la réhabilitation des métiers manuels et  pour la non-scission systématique du faire et du savoir. Dans une société d’hyper-consommation
qui se résume en 3 actes (acheter-utiliser-jeter), il présente le fait même de tenter de réparer des objets défectueux comme un véritable acte de résistance.
Crawford développe longuement l’idée que, par opposition au travail à la chaine ou de bureau, les métiers manuels exercés de manière artisanale, souvent dévalués, allient  travail concret, réflexion et intelligence, salaire correct voire bon. Ils s’avèrent en outre difficilement délocalisables car situés géographiquement et non réductibles à un ensemble de règles simples.
Un essai, qui possède quelques défauts tout de même (traduction médiocre, longs développements techniques sur le travail de mécanicien, propos parfois un peu caricatural) mais qui présente l’immense mérite de développer une idée du travail original et à contre-courant de l’air du temps. Facile à lire de surcroit.

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ELOGE DU CARBURATEUR de Matthew B Crawford:
Ed: La découverte       par LM de Troyes