A TOUS CEUX QUI NE SE RÉSIGNENT PAS A LA DÉBÂCLE QUI VIENT de Laurent Mauduit


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Cette « Chronique d’une débâcle annoncée » politiquement et socialement constitue un constat férocement argumenté autant qu’un cri et un appel au ressaisissement collectif lancé par Laurent Mauduit, cofondateur et journaliste d’investigation économique chez Mediapart après avoir été chef du service économique de Libération et directeur adjoint de la rédaction du Monde.

Deux plans ont particulièrement retenu mon intérêt de lectrice.

L’actualité tout d’abord… en ce que l’ouvrage dresse un inventaire scrupuleux et précis de divers « renoncements » économiques et sociaux de l’Etat en regard des 60 engagements de campagne du candidat François Hollande. Des renoncements « annoncés » puisque la genèse, illustrations à l’appui, en remonterait à la phase de préparation d’une campagne à deux niveaux : du « off » en coulisses pour être prêts à agir vite, dès le 7 mai 2012 lendemain de l’élection présidentielle, et un discours du Bourget en vitrine pour se garantir le bulletin de l’électeur.

Au-delà de l’actualité, et en ce sens l’essai de Laurent Mauduit m’a passionnée, c’est une leçon de l’histoire contemporaine de la gauche française que nous donne à lire celui qui a vécu de l’intérieur les espoirs étudiants d’après 68 avant de prendre des distances et de se consacrer au journalisme. De 1969 à 2014, de l’enthousiasme des premiers engagements politiques à ses constats actuels, Laurent Mauduit témoigne, analyse et informe : sur les liens parfois ambigus établis entre PS, UNEF (Union nationale des Etudiants de France, vivier de jeunes pousses) et OCI (Trotskystes), sur les années « Mitterrand » comme prémices de la décomposition idéologique et sociale actuelle, sur la naissance des « carriéristes » dans les mouvements étudiants du début des années 80 et sur leurs alliances/intrigues nouées sitôt le bac en poche dans les antichambres du pouvoir d’abord, au cœur du pouvoir aujourd’hui pour certains.

Crise sociale, crise de valeurs, crise morale et éthique, crise démocratique, les panoramas exposés par Laurent Mauduit ne sont guère réjouissants c’est vrai mais en positif ils permettent de mettre des mots, des informations claires et précises sur l’inquiétude, voire l’indignation, ressentie. En cela je le trouve salutaire.

Et l’avenir ? En parle-t-il ?

Oui, dans sa conclusion. L’avenir… il dépend des contributions individuelles et collectives de « tous ceux qui ne se résignent pas à la débâcle qui vient ».

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