1432 de Paolo Gossi


Editeur :
Chronique rédigée par

Le prix Gens de Mer fut remis voici quelques éditions à Benjamin Guérif pour son « Pietro Querini – Les naufragés de Rost » chez Rivages. J’avais découvert à cette occasion la fantastique épopée de
ce noble vénitien du XV ème siècle, parti sur un gros navire marchand de Crète à destination des Flandres et qui se trouve pris dans le mauvais temps en Atlantique. La terreur des colères divines,
combinée à celle de l’inconnu et des montres marins qui hantent les mers lointaines, s’ajoute au drame des tempêtes successives qui démolissent le navire en dérive vers le septentrion. Il fait de
plus en plus froid, de plus en plus noir, et les 68 hommes ont du quitter leur navire pour deux embarcations annexes. Après des mois de souffrances, ils finissent par atterrir, en plein hiver,
aux Lofoten sur l’ile de Rost, à quelques survivants seulement. Ils seront accueillis, réconfortés, nourris, chaleureusement par les gens du coin, dont les femmes et filles sont si belles notent
les marins. Pietro Querini et les autres rescapés rentrent à Venise fin 1432…

Dans « 1432 », sous-tiré « Le Vénitien qui découvrit le baccalà », Paolo Gossi, aidé par Paolo Quirini, descendant de Pietro Querini, reprend cette aventure dont il rappelle qu’elle est véridique et
apporte en preuve la copie d’une page du manuscrit de Pietro Querini conservé à la bibliothèque vaticane. Il nous conte aussi dans ce roman graphique la découverte de la richesse locale des
Lofoten, « l’or blanc » que constitue la morue séchée, le fameux « stockfish », dont les vénitiens rapportent des échantillons chez eux. En annexe sont données quelques alléchantes recettes de morue, de « baccalà », telles qu’on la mange en Vénétie…
En revanche, le scénario, qui mêle plusieurs époques, le dessin très inégal, parfois émouvant, souvent bâclé, ne m’ont pas plus convaincu que la préface rasoir du descendant d’aristrocrates
cherchant à valoriser ses lignées d’ancêtres…

Cette tentative m’a rappelé celle d' »Endurance » de Pascal Bertho chez Delcourt, qui a voulu s’attaquer au « monstre sacré » que constitue Shackleton, avec l’extraordinaire aventure de cet homme et de son équipage en Antarctique. Quand la réalité dépasse la fiction, quand le scénario original est si riche, il faut du culot pour s’approprier de tels sujets. Il faudrait surtout un talent fou…. qui n’est pas la chose la mieux partagée au monde.

Partager l’article !
 
1432 de Paolo Gossi:
Ed: Dargaud                            …